Blog personnel littéraire, Pyckenji veut, à travers ses posts, exercer son style en tentant de révéler la beauté là où on ne l'attend pas nécessairement.
Au confluent des provinces du Yunnan et du Guizhou, dans le Sud-Ouest de la Chine, j'ouvre péniblement un oeil, face à un soleil qui rit jaune. Je me lève, mon crâne se réveille, et il n'est pas content. Ce salopard ne m'a pas raté. Après m'avoir endormi...
Il grimpait sur les toits des maisons, rabaissant le droit du sol au sous-sol, lorgnant les nuages. Droit comme un i, des pieds à la tête comme de la terre à la lune, il dansait chaque nuit avec une étoile. Cette valse nocturne bousculait les autres astres,...
Le monde est plein de réceptacles à larmes. Des pleurs et des sanglots s'entremêlent au cours de nos tribulations, et dans nos chagrins nous causons d'autres chagrins. Parmi ces tourbillons de la tourmente, pourquoi continuer à se lamenter ? Marchant...
Petit, tu ne sais pas vraiment si tu seras grand un jour. Puis le temps passe et tu songes à l'amour. Tu deviens plus grand ! tu deviens plus grand ? Tu ne sais plus trop où donner de l'adulte. Tu vois plus le temps passer, où as-tu donc la tête ? Tu...
Sors du travail le coeur léger Marche sous le soleil inouï Sifflotte un air et assiégé Par l'humain prend l'air ébahi Autour de toi nous mourons nos vie Ne quitte donc pas ce qui t'exclame Ce peu que le temps nous ravit Garde-le donc, qu'il tenflamme...
17h10. Dix minutes ; ça fait dix minutes que tu tournes en rond de la pensée. Il est temps de décrocher, tu ne finiras pas tout ça ce soir. Menu démarrer ; arrêter... Intéressant de voir que des crétins payés à la louche sont parvenus, après des années...
Un. Un mot. Déjà trop. Plus qu'il n'en faut. Assez pour faire mal. Assez pour faire du bien. Assez pour bouleverser. Mais elle n'a rien dit du tout. Elle est restée de marbre, froide, glacée. Un glaçon eût été plus chaleureux. C'était comme un très grand...
Plus vite ! Je cours comme un dératé, mais il faut que j'accélère. Il n'est pas loin, il peut encore m'avoir. Je claque les portes, je renverse les meubles, j'essaie de gagner du temps. Il court plus vite, je ne peux me contenter de mes jambes. Je dévale...
"Frotte fort, Irika ! Il faut que tout soit propre ! Plus fort que ça !" La Vieille s'impatiente, comme toujours. Elle frotte de son balai-brosse avec une obstination frénétique ; l'eau savonneuse mousse à n'en plus finir. Irika, à même le sol, s'échine...
Petit, tu as l'esprit plein de fantaisie ! Dans tes yeux sautille le monde, enjoué par ton regard. Il se balade et au détour d'une cachette de fortune, il se transforme. De ces métamorphoses naissent des méta-mondes aux mille merveilles et aux cent cauchemards....
Nous étions trois cent. Peu et beaucoup à la fois. Peu, car l'adversité est grande pour ceux qui combattent pour une noble cause. Beaucoup, car le nombre importe peu lorsque l'on partage une foi et une confiance aveugle en son camp. Le Grand Jour était...
Voilà mille visions putrides qui t'assaillent Tes haut-le-coeur ridés ne pourront rien y faire La misère du monde qui maintenant bataille Pour sa propre survie, tu ne pourras t'en défaire Le marbre soupire sous le vernis qui s'écaille Ce solide support...
La feuille blanche se déroule devant moi telle une piste de ski. Une piste de ski dévalée par une vague d'encre noire en furie. Des furies qui s'arrachent les plumes pour en saupoudrer la feuille noircie. Les feuilles noircies sur les arbres alentour...
La clé tourne, les volets s'ouvrent. J'ouvre la porte vitrée qui fait office d'entrée et donne sur la cuisine. La plus grande pièce de la maison, quatre mètres sur trois. Je pose le courrier en vrac sur la table pour ajouter au désordre ambiant. La vaisselle...
Un dédale. C'est là que nous avançons. Nous nous pensons plantés - Dieu sait comment - au beau milieu d'un labyrinthe, nous peinons sans renoncer, errant dans les couloirs à la recherche de la sortie. Quand bien même cette issue existerait, qu'y trouverions-nous...
Se laisser aller au fil de l'eau. Suivre son cours, se laisser porter par les courants. Partir à la dérive, sans nul autre repère. S'assoupir au doux son du flux et du reflux du destin, de l'avenir et de l'incertain. Flotter, emporté par les lianes invisibles...
Ne te demande pas pourquoi la lune sourit aux étoiles Car la nuit a ses mystères que l'Homme ne saurait comprendre. Ne fixe pas le soleil dans son oeil de cyclope irrascible Car les jours ne sont pas cléments pour les Hommes trop orgueilleux. Quand le...
Dans la nuit tout se tait. Les chiens ont depuis longtemps quitté leurs aboiements. Les chats marchent sur des oeufs en veillant à ne pas troubler l'obscurité. Les Hommes, enfin, se sont enfermés. A la faveur de ce calme étrange, les arbres se passent...
Amanda est une vieille roublarde. Amanda a les cheveux décolorés et le visage lifté. Amanda est tendue comme un slip aux cheveux de barbie. Amanda porte des bottes montantes en cuir, un leggings noir orné d'une grosse ceinture à encore plus grosse boucle...
Adeline et Paul se pressent ; l'une se maquille dare-dare, l'autre saute dans son pantalon. Ils se croisent en s'évitant de justesse, courant après leurs affaires. La préparation, malgré la précipitation, est minutieuse. Paul jette un oeil au radio-réveil....
Les humains marchent sur la tête, les pieds ancrés au ciel. Ô ciel encré ! bienvenue parmi les fous, toi qui n'a jamais connu le large. Le lard, je connus ça jadis, j'en engouffrais des tonnes jusqu'à mon cerveau. Mon cerf vaut jusqu'à dix fois plus que...
Si ton être se tait et se terre, qui prendra les commandes ?Un esprit ivre de solitude qui ne sait plus où donner de la tête.Tais-toi alors, et tel un ivrogne qui cuve son vin, retrouve-toi dans tes replis intimes.Quand tu tomberas nez-à-nez avec un être...
Comme dans les bas-fonds. Le fin du fin des abysses, où les ténèbres sont lois, s'abat sur moi. Implacable et impitoyable, il gicle et tourbillonne ; le niveau monte. L'angoisse me prend du bout de ses doigts de fer rouillés, pour faire de moi son pantin....
Cela faisait des heures qu’il avançait : un voyageur solitaire poursuivait sa route au milieu de la plaine comme un fantôme errant dans son manoir hanté. Le regard perdu dans l’horizon, il aurait été seul même au milieu d’une foule. Il mettait un pied...
Comment. On sait que c'est là. Le bonheur. Alors comment ? On se doute bien qu'il y a de l'amour, de la joie, peut-être bien de l'amusement et du partage. Pourtant au moment même où l'on y croit, plus rien. Comment diable nous file-t-il entre les doigts...