Blog personnel littéraire, Pyckenji veut, à travers ses posts, exercer son style en tentant de révéler la beauté là où on ne l'attend pas nécessairement.
Un. Un mot. Déjà trop. Plus qu'il n'en faut. Assez pour faire mal. Assez pour faire du bien. Assez pour bouleverser. Mais elle n'a rien dit du tout. Elle est restée de marbre, froide, glacée. Un glaçon eût été plus chaleureux. C'était comme un très grand frisson à l'envers. Des phalanges et des orteils jusqu'au fond du coeur. Je sentis sur le moment un liquide visqueux et noir. Il coule encor dans mes veines et dans mon for intérieur. Elle aurait pu dire ou bredouiller, essayer quelque chose. Je restais là devant elle qui restait là devant moi, pour rien. L'univers tout entier me transperçait dans une grande tempête. Rien n'y paraissait, j'avais tout dit et elle ne trouvait rien à dire. Elle avait le regard égaré dans le flou des larmes retenues. J'avais tout déballé, Il ne restait rien pour emplir ce silence horrible. Je guettais le moindre balbutiement de parole, un commencement de mot. Mais elle n'a cessé de se taire, jouant le dénouement de notre histoire en solo. Elle a fermé les yeux comme on ferme une porte, elle a pleuré pour me glisser hors d'elle. Tout en douceur, dans ce même silence de tourmente, je me suis senti expulsé. Elle a tourné les talons sans que je puisse affronter son regard, je ne l'ai jamais revue. Son souvenir qui file droit vers la porte pour la claquer une fois encor, c'est tout ce qu'il reste. Depuis, des flots de mots sortent de mes pensées, ils arrivent toujours plus nombreux, pour tomber en moi. Je suis tel un tombeau pour ces mots, je suis tel un tombeau pour ses maux, Elle m'a laissé loin derrière elle. Je suis un mausolée rempli d'échos tonitruants, tout en moi est sec et craquant comme un vieux parchemin. Un vinyle antique qui rejoue toujours la même vieille rengaine, finissant par vingt-neuf secondes de silence.