Blog personnel littéraire, Pyckenji veut, à travers ses posts, exercer son style en tentant de révéler la beauté là où on ne l'attend pas nécessairement.
Un dédale. C'est là que nous avançons. Nous nous pensons plantés - Dieu sait comment - au beau milieu d'un labyrinthe, nous peinons sans renoncer, errant dans les couloirs à la recherche de la sortie. Quand bien même cette issue existerait, qu'y trouverions-nous ? Au final, on n'a pas vraiment de repère : A-t-on pris la bonne direction ? N'y a-t-il qu'un seul chemin ? On se demande parfois si on n'est pas seul à se lamenter au fond d'une impasse, avant de rebrousser chemin pour emprunter une autre voie, pour tenter sa chance à nouveau. Du moins jusqu'à ce qu'au détour d'un coin de mur, on se retrouve nez-à-nez avec l'imprévu : un alter-ego perdu également, dont on ne sait que penser et qui ne sait que penser de nous ; un minotaure effrayant, prêt à nous hacher menu ; un trésor perdu que quelqu'un dans son désespoir a abandonné là, un mur qui se dresse pour nous barrer la route ou simplement un chemin qui se poursuit. On survit, on poursuit sa route coûte que coûte, et alors les questions reviennent avec leur cercle d'incertitudes.
Cela ne semble guère attrayant ; et pourtant l'oeil attentif n'y voit ni vraiment le bonheur, ni vraiment le malheur. Dans l'alter-ego il y décèle un ami potentiel comme un ennemi mortel, dans le colosse cornu un moyen de se surpasser ou de se fracasser, dans le trésor la fortune ou un signe funèbre, dans le mur se dessine le chemin et le chemin sème les briques d'un mur. Et dans ce parcours où l'on n'a de cesse de s'égarer pour mieux se retrouver et de se trouver pour mieux se perdre, parfois on lève les yeux au ciel ; puis les bras ; puis tout son corps dans un fol élan visant à accrocher un nuage, embrasser le soleil, briser la lune ou se fondre dans une masse bleue éthérée. Sans jamais y parvenir, mais sans jamais désespérer non plus. Epuisé, on se pose enfin, dos à terre, si près du sol et pourtant la tête dans les nuages. On n'est jamais à l'abri qu'au coin du jour, dans un repli sombre de cumulus, perce la foudre pour nous secouer jusqu'aux tripes, ou perce un rai de soleil pour nous bercer le long d'un arc-en-ciel, avant de nous propulser telle une flèche au coeur de nos dédales quotidiens.